XI, parce que ce n’en est que le commencement – Chapitre VI

XI, parce que ce n’en est que le commencement – Chapitre VI

La cabine de l’ascenseur possède dix-huit boutons. Comment peut-elle monter jusqu’au vingtième étage ? Perché en haut d’une échelle, le petit homme change l’ampoule dans l’entrée de l’immeuble. Jiang Zhigang, c’est son nom, est généralement assis du matin au soir derrière les vitres sales de sa guérite. Il se tient toujours là, immobile, les yeux noirs, collés aux verres épais de sa monture ; deux mouches sur des tessons de bouteille.

« Hum… »

Il redescend un à un les barreaux, s’en retourne à son poste de garde. Jiang porte deux ou trois vestes où fleurissent généralement plusieurs cols roulés.  Des cercles multicolores bâillent et s’enchevêtrent, chiffonnent son cou comme des ronds de serviettes et colonisent sa peau, bleu, jaune, indigo, pareilles à des lentilles d’eau dans la réfraction du soleil. Jiang sort délicatement une boîte de l’une de ses deux poches plaquées contre sa poitrine. Le couvercle est percé de petits trous pareil à celui d’une salière. Un grillon stridule dans la chaleur. « GuoGuo ! » me dit-il.Un compagnon de vie accordé à son cœur. « D’une vie qui ne dure jamais plus d’une saison mais chantonne mieux, beaucoup mieux que la radio nationale ! »

Jiang rentre dans sa guérite, fait un petit signe avec sa main en cognant ses doigts contre les vitres. Il est un peu affairé ce matin car il doit préparer de la purée de pois verts pour son grillon. Il doit aussi trouver quelques moustiques pour chasser les mauvais grincements de dents deson compagnon. « Pas n’importe lesquels ! Des moustiques gorgés de sang frais ! En cette saisons c’est plutôt rare !» Les enfants le savent et lui descendent entre deux pages de cahier d’écolier les insectes écrasés sur les cloisons. Il marmonne quelques mots : « Oui, les étages 13 et 14 n’existent pas » puis rapatrie ses mains dans le dos aussi promptement qu’une paire d’élytres soudain prise dans un espace trop étroit. « Le 13 est un nombre mauvais. Et 14 n’est pas bon. » Par superstition il n’en dira pas davantage. Ses yeux noirs papillonnent sous le frottement des baguettes. Il aspire des vermicelles en fredonnant derrière ses vitres à tabatière. Il ne dira pas que les syllabes du chiffre 14 sont homophones de : « Yao si » : «  Je veux mourir ! »

Changan lu. Des lignes de toits s’enchevêtrent comme des cicatrices mal ficelées dans un ciel de gaze et de fils électriques lustrés par des chats gris. Une jeune femme en robe de chambre et pantoufles traverse la rue. Pour les Shanghaiens, se promener ainsi dans son quartier est commode et confortable. Une nouvelle gamme de pyjamas avec une poche spéciale pour le téléphone portable a même fait son apparition. La cour n’est-elle pas le rez-de-chaussée et celui-ci le premier étage de l’immeuble ?

Les Shanghaiens compensent l’étroitesse de leur logement par l’annexion des rues. Habitats, commerces, vies privées. Les cuisines sont au milieu des trottoirs, les échoppes prolongent les chambres à coucher. Restaurants, salons de coiffure et de massages s’imbriquent et se succèdent. Les discerner est parfois difficile. Le moindre interstice héberge un atelier dans des ruelles si semblables qu’on les croirait manufacturées. La densité urbaine a la fébrilité d’un jeu de jonchets, le magnétisme d’un aimant. Une poignée qui rassemble non qui disperse. Le voisin est roi quand la promiscuité règne. La vie empêtre. Subtilement. Ses assises ? Des poussées en tous sens. Une clef de voûte tropicale. Deux vides s’agrègent et c’est un lieu de vie qui croît. Sa nature ? Variable selon les heures, des espaces semblables aux humeurs. Mais la nuit qui passe élève les fondations, quand les ombres, de jour, poussent les murs. Pour annexer le ciel, nul besoin de prier. Briques et bambous suffisent à s’élever. Et au petit matin le miracle est là comme un oiseau venu discrètement cousiner. Une maison tout d’un cube s’est posée, reléguant le dernier étage à celui d’avant dernier. Un toit, un courant d’air et déjà des culottes qui sèchent.

Ce qui freine le regard Changan lu est ce qui ne l’arrête plus : le vide, l’espace où toute forme peut exister disent les Chinois. Le premier est un garage depuis longtemps abandonné. Ses fers rouillés fouissent le ciel comme une main coupée sur le seuil de la rentabilité. Le second est une bande de goudron noire dévidée jusqu’au porche d’un nouvel hôtel aussi vaste que la porte Saint-Denis. Au cœur de ce parking, un bassin ; en son centre une femme accoudée, allongée, alanguie, alitée. Pâle comme un linge. Noire comme un bain. Elle a le sourire extatique des parturientes d’airain, des accoucheuses d’humanité drapées dans cette pudeur marxiste qui cache pour montrer. Une idéologie ? Un précis d’érotologie. Le désir n’est jamais loin des larmes. Le faux marbre a les cuisses potelées et la poitrine sertie de boulons dorés. Une générosité qui fait oublier la mort, les maladies, les privations. L’heure est à la Renaissance sous un épiderme de Bouddha. L’utopie du bien-être par l’hygiène du paraître. Une allégorie des sociétés à venir ; plus sûrement des prochains siècles à fuir.

L’hôtel est séparé de la rue par une barrière, une sorte de passage à niveau qui s’élève ou retombe selon son train de vie. Parfois un passage à tabac pour des raisons similaires. Derrière les vitres fumées du poste de garde, des paires de mâchoires bâillent, s’emboîtent et se déboîtent comme les godets d’une roue à destin puisant jusqu’à l’ennui la fatalité de leur félicité.

Comme prévu je longe le long mur gris de Changan lu. Des vieilles confectionnent des petits lingots en papier d’argent. D’ici quelques jours, sous ce ciel lessivé par les orages printaniers, chacun ira se recueillir sur la tombe de ses ancêtres et flamber pour ses ombres indélébiles des papiers d’argent, des liasses de fausses coupures sans état d’âme mais avec le pragmatisme des faux-monnayeurs quand l’acte prévaut sur la valeur du don. Ce sera Qing Ming Jie, le jour des morts, la fête de la « Pure Lumière ».

Quelques marchandes préparent avec une conscience tout aussi aiguisée des raviolis farcis de légumes en forme de bourse. Un travail exécuté cette fois-ci au profit exclusif de ceux qui s’empiffrent, avalent tout rond ces petits sacs à fronces et ce faisant accueillent la fortune pour mieux entrer dans la richesse : « Mangez la richesse ! Dévorez mes guojie ! » crie la plus hardie, acculée au mur par une panse énorme qui tremble comme un gong à chacun de ses mouvements. Son ventre est flanqué de bourrelets, des frises historiées qui ne racontent plus d’histoire à deux pas des toilettes publiques coiffées d’une banderole délavée :

«  L’homme civilisé est celui qui sait

préserver, entretenir, regarder son quartier ! »

Mais si plus personne ne jette grand-chose, il y a toujours plus de monde pour ramasser © ppc

La vieille fixe ses paumes d’un vert tendre. Tout en triant des feuilles de salades, elle vend des chiques et des mouchoirs en papier. Un commerce d’humeurs à deux pas d’un éboulis qui sort du mur comme un coude à la portière d’un terrain vague.

La brèche donne sur une sente de poussières noires parsemée d’immondices et de maisons éventrées. L’une d’elles porte des idéogrammes rouge sang, avec ces traces de coulures qui ont l’épaisseur altière des effusions prises au nez des lièvres abattus. C’est là, derrière ce mur signalant qu’un ferblantier répare tous les outils en fer blanc, que j’ai rendez vous.

Xi est là, juste là.

La conversation commence par ne pas aller de sa part sans hésitation jusqu’à ce que nos pas croisent d’énormes traces de chenilles. « On dit que les premiers caractères chinois ont été inventés en observant les pattes d’oiseaux dans la neige ! Je ne sais pas quel signe on inventera demain avec le réchauffement climatique et les empreintes des pelleteuses. » Elle m’observe attentivement avec des yeux que je ne lui avais jamais vus.Sombres, presque haineux. « Ces empreintes nous disent aussi qu’une centaine de familles ont habité ici. Pour les encourager à partir plus vite on détruit un ou deux murs parfois le toit des maisons. L’investisseur Hongkongais était de mèche avec les conseillers municipaux. Et puis un jour, il a disparu. Il n’avait plus d’argent. Et la ville pas davantage pour reloger les habitants dont elle avait autorisé la destruction des logements. Sept ans déjà. Personne ne sait ce qu’ils sont devenus. Une seule famille occupe encore les ruines de sa maison. Le père était médecin, il a résisté quelques années épaulé par des avocats aux pieds nus dont la plupart sont aujourd’hui en prison…  il est décédé l’an dernier, sa femme a dû partir. Les ruines sont depuis squattées par des migrants. Et puis ce mur flambant neuf qui sépare Changan lu de ce terrain vague a été érigé. Le Comité du district a expliqué que la Municipalité avait construit ce mur pour la tranquillité de tous ; tenir les migrants à l’écart, limiter aussi l’insalubrité de ce qui n’est plus aujourd’hui que le dépotoir du quartier. Mais si plus personne ne jette grand-chose, il y a pourtant toujours plus de monde pour ramasser. Ce mur est en fait un cache-misère, un écran destiné à améliorer l’image du quartier pour attirer les prochains investisseurs. En attendant, que l’on survive d’un côté ou de l’autre du mur, chacun redoute leur venue. »

Nous retraversons le mur, retournons « dans le décor et le bruit des vivants » comme elle dit. « La Chine que j’aime, la seule que je regarde sans avoir à fermer les yeux ! » Des couettes sèchent au soleil. Une pancarte accrochée au mur de Changan lu signale la présence d’un :

« JINGJI LIFA »

«  SALON DE COIFFURE ECONOMIQUE »

Le coiffeur est debout face à un petit siège sans bras ni dos tombé du ciel comme un strapontin au pied du mur. Il se tient là, une tête d’épingle sur une blouse blanche aussi vaste qu’une infirmerie, dos au miroir, sur le seuil de son ombre, des touffes de cheveux noirs pour paillasson. Sur la glace, des souvenirs en zigzag comme un bris de vie. Chaque angle a pris au piège une photographie jaunie. Là, un ancien salon de coiffure, avec des miroirs plus grands qu’une vitrine et des fauteuils de cuir rouge aux accotoirs immenses, si hauts qu’on pouvait coudoyer le destin. Chen Guo Qin, littéralement : «  Fête nationale  », un nom hérité d’un jour révolutionnaire, peut-être celui d’octobre 1949, – il n’en dira pas davantage -, travaillait ici. Oui, ce salon était le sien. Il tend un doigt, aussi raide qu’une nuque. Tout comme celui  représenté sur l’autre photographie coincée dans l’angle opposé. Une belle pliure comme une raie faite au temps. « La mémoire sans tête. » Par deux fois, Chen Guo Qin fut exproprié de son salon. Pour restauration d’immeuble, puis destruction de quartier. Mais son affaire pareillement de déménager et ses affaires de péricliter. Oui, ce salon de coiffure était le sien et Chen Guo Qin se mettait en quatre pour couper cheveux et barbes sur un coin de serviette aussi accueillant qu’une nappe de table : ce linge éclatant qu’il pend au cou de ses clients. Une dizaine par jour. Il rit. « Pour quelques yuans », une étreinte, un frisson de chanvre sous le bruissement des platanes. Une carte d’identité est collée au mur, attestant de sa licence et de son ancien métier. Cette profession qu’il exerçait entre quatre murs ; ce gagne-pain qu’il pratique toujours avec soin, les gestes méticuleux, le peigne, les ciseaux précis. Un réflexe, au bout d’un trottoir, dos à la rue, face au miroir ; au pied du mur désormais. Ses doigts tapotent, touchent. La main glisse, caresse l’appui nuque. Une douceur de billot. Trois ans déjà. À portée de bras un petit bureau, avec des tiroirs ouverts et des peignes enchevêtrés. Un appétit de ronces, un bazar de jungle pour éclaircir et dégager les nuques, raser les sourcils jusqu’aux paupières. Pacifier le poil du nez aux oreilles. Sur la table, des boîtes de talc, des lames de rasoirs, une tondeuse mécanique, deux pipes à eau et une fontaine d’eau chaude : « Faire boire le poil ! Ba ta nong ruan ! Ba ta nong ruan ! Le ramollir ! Le ramollir ! » Se trouve aussi un objet métallique aussi renflé qu’une carafe avec un col de cygne, et une petite poire rose et ventrue pour expulser le talc. Oui, ces petits souffles crayeux chuchotés comme des confessions anonymes ; obtenues, comme ça, par pression, avec des mains d’étrangleurs sur des cols saignés à blanc. Depuis peu, une tondeuse électrique a même fleuri au bout d’une prise énorme, d’un jaune impérial, bourgeonnant sur le mur, grésillant chaque matin d’un chant d’étincelles entre deux courants d’air.

« Oui, le mur devrait être bientôt détruit ». Chaque année on le croit. Tous les mois on le répète. Et le coiffeur de lever le bras, de tendre le doigt, de pointer le miroir. Car le mur disparu, c’est son carré de coiffure, son plafond bleu et la rue pour vitrine, condamnés. Tout sera détruit. Avec aussi la maison d’en face, la maison du coiffeur et tout ce qui reste ou restera du quartier.

« Après ?  Après on verra. C’est ce qu’on a de mieux à faire. On ne peut rien faire d’autres ! Alors ?  A quoi bon ! »

Faire avec pour ne pas faire sans. Une politesse rendue à la fatalité comme un revers de main sur une mèche qui tombe. « Ce sera… ma quatrième année cet automne ». Oui son dernier salon a grandi avec le mur. On ferme les yeux. Une semi-remorque chargée de sacs de sel traverse Changan lu. L’épouse du coiffeur se rapproche. Elle qui n’en finit pas de s’approcher est assise à ses côtés; assise en train de chasser une poussière dans l’œil. Une poussière petite comme une pierre, une maison, une rue, un quartier qu’on assassine.

« Une poussière dans l’œil ! »

Seulement une poussière.

« Le vent ! »

Qu’on entende, se rassure. Ce n’est rien, ce n’est rien.

« Le vent ! Une poussière dans l’œil ! Une poussière dans l’œil ! »

Et des yeux pour souffrir. Pas encore pour pleurer.

Seulement pour souffrir.

———————

Comme elle parle de rentrer, j’offre de la reconduire en taxi. Elle donne au chauffeur une adresse qui, me dit-elle, se trouve à quelques pas du lieu « qui l’habite ».

Par deux fois, nous manquons de renverser un piéton. Le chauffeur porte des verres épais. C’est à peine si à travers eux nous distinguons la trouée claire du regard. Il ne cesse de bâiller et de se tromper d’itinéraire. Sa distraction nous amuse. On lui demande d’aller finalement là où « sa voiture veut bien nous conduire ! » Le chauffeur hoche la tête. Il semble avoir pris la chose très au sérieux. Xi a fermé les yeux. «  À 63 nous descendons ! N’y a-t-il pas soixante-trois cases au jeu de l’Oie ? Petite je comptais toujours à voix basse dès que j’entreprenais quelque chose de difficile. Si j’arrivais à 63 alors j’étais sauvée et je me racontai des histoires !  37 …38…! »

La nuit calfate le fond des rues.

49 !

La machine à imprimer les facturettes se met soudain à crépiter engrenant cette voix saccadée et mécanique qu’on entend dans chaque taxi shanghaien au terme de sa course :

« Cher client, votre destination est atteinte. N’oubliez pas de prendre vos affaires ! La compagnie des taxis Da zhong vous remercie ! Cher client, votre destination est atteinte. N’oubliez pas de prendre vos affaires ! »

Xi attrape l’épaule du chauffeur qui pile aussitôt.

Elle s’amuse de mon étonnement tandis que je claque le portière. Face à moi une grande porte en bois se découpant sur le mur jaune. « 49 est le nombre de Bouddha et nous voilà arrivés devant le temple du Bouddha de jade. « Te souviens-tu des chasseurs Hui ? « » Elle secoue le heurtoir, un anneau en fer logé dans la gueule du tigre. Un écho de bronze résonne sourdement. Elle s’assied sur le trottoir. Une quiétude un peu lasse erre sur son visage. Nous demeurons un long moment silencieux dans les rumeurs de la ville  distrait seulement par le pas des passants. L’un d’entre eux s’arrête et tire d’un sac en bandoulière deux objets qu’il agite devant nos yeux. Sous la flamme de son briquet des reliefs apparaissent dans une bourrasque de riz concassé : ce sont deux boules à neige. L’une a pour décor le buste de Mao. Sur l’autre qu’il vient de poser sur sa paume surgit le Sacré-Cœur dominant Montmartre. Je dis aussitôt que c’est là que j’habite. Une lueur éclaire ses pupilles. « Moi aussi » répond t-il et c’est à moins de cent mètres. Il nous y emmène. Nous le suivons comme deux enfants .

L’étroit passage donne sur une cour envahie de gravats. Une lumière tombe d’une ampoule accrochée au châssis d’une fenêtre. Assis près d’un brasero, un homme carde de la laine. Ses pieds actionnent une roue énorme. Un engrenage de bois, de cordes et de dents en acier démêle des touffes de laine exhumées de matelas éventrés. Des dizaines de flocons papillonnent entre les ruines et les débris de tuiles et de briques rouges. Une neige virevolte et s’abîme sur les pierres à évier couvertes de vrai sang !

« C’est ici que j’habite ! Et toi ? »

Subitement dans le châssis de la fenêtre, surgit une figure de femme, étrangement vieille, étonnamment belle, les cheveux, les habits, recouverts de laine et de plumes, un poulet saigné entre les doigts.

Et l’on disait aux enfants que les loups mangeaient les brebis dont on retrouvait la laine seulement dans les excréments des plus gentils © www.philippepataudcélérier.com

Quand il neige, Montmartre est d’une blancheur incroyable. Les ailes des moulins s’élèvent comme des chemins de croix. Les ruelles ressemblent aux ornières en bordure de ces grands chemins où les vieilles égorgeaient des poulets. Les plumes accrochaient leur chevelure, comme les fougères, la poussière des charrois. Et l’on disait aux enfants que les loups mangeaient les brebis dont on retrouvait la laine seulement dans les excréments des plus gentils. On disait ça sur les bords de route là où l’essentiel nous échappe toujours en chemin.« Oui, c’est bien là que j’habite. »

à suivre

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