Xi, parce que ce n’en est que le commencement

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Xi n’est pas un roman, c’est l’évocation authentique d’une destinée hors série…

© ppc

Shanghai. L’histoire d’une voix singulière qui, mot après mot, pas après pas, se fraie un chemin au milieu des gravats, du bruit des pelleteuses, des sans voix qu’on déracine. Cette histoire qui se construit sur des mémoires qu’on assassine est le fruit d’une rencontre: celle d’une jeune Shanghaienne qui déambule le long de la rivière Suzhou avec le désespoir rebelle des herbes folles au pied des murs.

Ensemble, avec le narrateur, ils vont arpenter chacun de ses quartiers pour mieux en faire trotter l’histoire dans leur tête, dans sa tête, dans nos têtes. Elle m’avait prévenu. « Il faut que tu témoignes, que tu donnes à ces gens cette place qu’ils n’ont jamais eu dans leur vie. L’idéogramme de la destruction est sur chaque mur, chaque maison : « CHAI »,  «À détruire ».

Oui, je me souviens.

J’avais noté des tas de conneries, toutes ces choses qui font nos vies et qu’un jour on oublie, un instant comme hier mais un matin d’aujourd’hui, l’histoire qui se fait, s’oublie, se défait puis s’écrit. Mais j’avais promis.

Et puis tant pis s’il faut s’inventer un passé pour croire à l’avenir. Et tant mieux si l’on demande aux histoires d’être vraies, aux légendes d’être crues. La légende, c’est l’histoire sur paroles, la seule qui pousse les hommes non pas à se souvenir mais à croire d’abord pour ne pas oublier. Comment transmettre autrement ?

Ensuite on a entendu l’annonce d’un train entrant en gare. On entend toujours l’annonce des choses qui ne vont nulle part. Après, tout est allé, tout va, tout va toujours très vite en Chine.

Voici les six premiers chapitres d’un récit qui en compte seize. Chapitre I

 © Philippe Pataud Célérier

Pour la partie reportage voir Le Monde Diplomatique, Shanghai sans toits ni lois, mars 2004.

 

 

 

 

 

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